Samarkande  est une ville d'Ouzbékistan, capitale de la province de Samarkand. Riche en monuments historiques, Samarkand a été proclamée en 2001 par l'UNESCO carrefour de cultures et site du patrimoine mondial.
La ville est connue sous son nom grec de « Marakanda » à l'époque d'Alexandre le Grand en 329 av. J.-C..  Le nom actuel pourrait venir des mots sogdiens asmara, la pierre ou le rocher et kand, le fort ou la ville. Plus récemment on a voulu lui donner comme origine étymologique plus baroque et anachronique: « lieu de la rencontre » ou « lieu du conflit » (samara : rencontre, conflit en sanskrit, kand, kent : ville, terme centre-asiatique) ce qui illustre bien la position actuelle de Samarkand à la limite des mondes turc et persan.
Avec Boukhara, Samarkand est inscrite sur la liste des plus anciennes villes habitées  d'Asie centrale. Installée sur la Route de la soie, entre la Chine et la Méditerranée, elle a été une des plus grandes cités d'Asie centrale. Lors de ces différentes occupations, Samarkand a abrité des communautés religieuses diversifiées et est devenue le foyer de plusieurs religions tel que le Bouddhisme, le Zoroastrisme, l'Hindouisme, le Manichéisme, le Judaïsme et l'Église de l'Orient.
La cité de Samarkande a été vraisemblablement fondée par les Sogdiens, un peuple scythe qui s'est sédentarisé dans la région au cours du Ier millénaire av. J.-C. Ce peuple a donné son nom à la Sogdiane, une importante province d'Asie centrale dont Samarkand sera la capitale politique, culturelle et commerciale au long des siècles. La langue et la culture sogdianes ont progressivement disparues suite aux importantes arrivées persanes, islamiques et turco-mongoles durant le Moyen Âge, cependant des habitants de quelques rares villages autour de Samarkande continuent à parler un dialecte issu du sogdien.
Alexandre le Grand conquiert Samarkande en 329 av. J.-C. Les Grecs connaissent la ville sous le nom de Maracanda. Les sources écrites donnent peu d'indication sur le système de gouvernement mis en place après sa conquête. Elles indiquent que la ville a été gouvernée par un certain Orepius, roi « non par ses ancêtres mais comme un don d'Alexandre ».
Si Samarkande subit d'importants dégâts lors de la conquête d'Alexandre, la ville se reconstruit rapidement et devient prospère sous l'influence hellénistique. De nouvelles techniques de construction s'imposent, les briques rectangulaires sont remplacées et de meilleures méthodes de maçonnerie et de plâtrage sont introduites.
Samarkand est intégrée successivement dans l'Empire séleucide, le Royaume gréco-bactrien et l'Empire kouchan.
Samarkand est conquise par les Sassanides vers 260. Sous le règne des dirigeants sassanides, la Sogdiane devient un site important du Manichéisme et facilite la diffusion de cette religion à travers l'Asie centrale.
Après la défaite des Sassanides face aux Shvetahûnas ou Huns blancs, Samarkand passe sous leur autorité. Ceux-ci sont à leur tour défaits en 557, lors de la bataille de Boukhara , par les Köktürks ou Turcs Bleus, alliés des Perses Sassanides.
Après la conquête musulmane de la Perse par les Arabes, les Turcs conquièrent Samarkand et s'y maintiennent jusqu'à ce que le Khanat s'effondre pendant les guerres contre les chinois de la dynastie Tang. La ville devient un protectorat chinois et paye le tribut aux Tang.
À cette époque la Sogdiane, dont Samarkand est la principale ville, est l'un des plus importants centres du commerce mondial, idéalement située à la croisé des routes entre la Chine, l'Inde, la Perse et l'Empire Byzantin. Les marchants sogdiens connaissent leur apogée à cette époque et étendent alors un vaste empire commercial qui domine les échanges dans toute l'Asie centrale et pénètre jusque dans les grands empires, en particulier dans la Chine des Tang où les marchants sogdiens dominent longtemps le commerce chinois du fait de circonstances réglementaires qui les favorisent, des sogdiens sont même parfois promus à des postes administratifs importants. La majorité des caravansérails sur la Route de la Soie sont des établissements sogdiens.
Le contrôle des Abbassides cède la place à celui des Samanides (862–999), toutefois les Samanides restent les vassaux du calife. Sous le règne des souverains samanides, la ville devient une des capitales de la dynastie et reste un important carrefour sur les routes commerciales. Les Samanides sont renversés par des tribus turques vers l'an 1000. Durant les deux cents années suivantes, Samarkande est gouvernée par une succession de tribus turques dont les Seldjoukides et les Khwârezm-Shahs.
Les Mongols conquièrent Samarcande en 1220. Bien que Gengis Khan « n'ait pas dérangé les habitants [de la ville] en aucune façon », il aurait tué, d'après Ata-Malik Juvaini, tous ceux ayant trouvé refuge dans la citadelle et la mosquée. Il pille complètement la cité et enrôle 30 000 jeunes hommes ainsi que 30 000 artisans.
Si Marco Polo (vers 1272) n'est pas passé à Samarkande, son père et son oncle sont allés jusqu'à Boukhara par la route traditionnelle de la soie dont le prolongement naturel est Samarkande avant de traverser le Pamir vers Kachgar en Chine.
Samarkande devint en 1369 la capitale de Tamerlan, qui y rapportera de Perse les restes supposés du prophète Daniel (Doniyor enouzbek). Les monuments édifiés par les Timourides (descendants de Timur Lang ou Tamerlan) font la gloire de la cité. Ulugh Beg (1394-1449), petit-fils de Tamerlan, prince et astronome, y fait construire un observatoire où il mène des travaux de grande qualité avec quelque 70 savants dont Qadi-zadeh Roumi, al-Kachi et Ali Quchtchi. Après sa mort, la vie intellectuelle et artistique des Timourides se concentre à Hérat en Afghanistan, en particulier chez son parent le prince et mécène Husayn Bayqara (règne 1469-1506).
En 1507, les Timourides sont renversés par les Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides. Lors du morcellement de l'actuel Ouzbékistan en trois khanats (Khiva, Boukhara et Kokand) qui interviendra par la suite, Samarkand est rattachée au khanat de Boukhara.
En 1868, cette ville persophone passe sous domination de l'Empire russe et devient une ville de garnison. Elle est le chef-lieu de l'oblast de Samarkand à partir de 1887, faisant partie du Turkestan russe. Un an après, elle est reliée au chemin de fer, par la ligne du Transcaspien. Après la révolution d'Octobre, elle fait partie de la république du Turkestan, avant de devenir, en 1925, la capitale de la république socialiste soviétique d'Ouzbékistan pendant cinq ans. Elle perdra cette place au profit de Tachkent, qui est turcophone (ouzbek), en 1930. Elle devient chef-lieu du province de Samarkand en 1938.
En mai 2007, l'UNESCO célèbre le 2750e anniversaire de Samarkand et le 2000e anniversaire de Marguilan. Une conférence internationale consacrée au rôle de ces villes dans l'histoire de la civilisation mondiale a lieu le 29 mai 2007 au siège de l'UNESCO àParis.

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